La Musique

Baudelaire - Les Fleurs du mal




Plan de la fiche sur La Musique de Charles Baudelaire :
Introduction
Texte du poème La Musique
Eléments de commentaire du poème
Conclusion


Introduction

      Baudelaire, critique d'art remarquable, a encouragé la jeune peinture et la musique nouvelle : Wagner « le Vaisseau Fantôme ». Il consacre pourtant seulement un poème à la musique ( + Harmonie du Soir, en partie).

Titre : la musique mais nous parle de bateaux

Charles Baudelaire
Charles Baudelaire


Texte du poème La Musique


Télécharger La Musique - de Baudelaire en version audio (clic droit - "enregistrer sous...") - Lu par Janico - source : litteratureaudio.com

La Musique

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Les Fleurs du mal - Section Spleen et Idéal - Charles Baudelaire



Eléments de commentaire du poème

1) Forme du poème

Le poème La Musique est formé de 2 quatrains et 2 tercets, mais ce n’est pas un sonnet.
Vers : alternance alexandrins – vers à 5 syllabes, combinance vers pairs et impairs
Six rimes : les 2 premières strophes ont une rime en commun en – oile, rimes croisées sauf les 2 dernières qui sont plates, alternance rime féminine – rime masculine (originalité)
Ambiguïté du sens de « mer » (vers 1 et vers 13)
Trois phrases seulement, dont 2 exclamatives. Elles se complètent en s’opposant : la 2e phrase est une gradation ascendante dans la longueur des éléments de la phrase : 3 vers – 4 vers – 4 vers ½. Gradation dans la complexité de chaque proposition : 1ère : indépendante, pas de subordonnée, 2ème : subordonnée + relative, 3ème : indépendante + relative, 4ème : indépendante, puis retour à la simplicité.

Poème composé comme un morceau de musique en 3 mouvements :
        1) ouverture très brève (phrase 1, vers 1)
        2) développement central passionné (jusqu’au vers 13)
        3) final très brutal, heurté, chaotique, sans verbe [verbum : parole] : // silence de l’auditeur quand la musique s’achève

Rythme : 3 strophes identiques, la dernière est une inversion par miroir qui reflète en inversant : silence opposé au bruit, renverse le poème
La forme est en adéquation avec ce que le poète veut peindre.


2) Sens du poème

Pas de champ lexical de la musique car Baudelaire ne parle pas de musique en spécialiste, ni en critique, ni en musicien mais en ignorant pris par une transe, une possession indescriptible «me prend» vers 1.
L’émotion est plus violente car Baudelaire est ignorant, vierge, innocent donc plus aisément séduit, plus naïf.
Sentiments indicibles donc fait un jeu de rapprochement, comparaison ce qu’il éprouve – ce qu’éprouve un bateau pris par la mer : v1 : « comme », vers 6, vers 13, vers 9-10
Lexique du corps vers 5, vers 9, vers 13, mouvement auquel il participe : vers 4, vers 7, vers 9, vers 11, phénomène qui devient une presque douleur vers 9-vers 10 « passions » [partir : souffrir]
Agonie morale puis physique puis mort ( // Christ) décrit tout ce qu’il se produit dans un corps mis à mal
Expérience de possession : l’être est envahi par une force qui le dépasse, qui le contrôle. Possession ambiguë : « comme une mer » : retour au ventre maternel ou navire sur les flots ?
Quand il est pris par la musique, Baudelaire est aussi bien qu’un être pas né : bercé, réduit au mutisme du 1er âge.


3) La chute de la strophe quatre

Constant glissement entre comparé et comparant : on ne sait plus si il parle de lui se comparant à un vaisseau ou si il n’est pas devenu vaisseau. Plus de Frontières = assimilation ? phénomène perceptible dès le vers 2, favorisé par la mise en sommeil des autres sens (vue, ouïe).
Etoile pâle, ciel brumeux…mouvement ascendant puis descendant avant la chute finale
Etude strophe 4 : image du miroir dès vers 1, vers 11, vers 13
Espoir = marcher dans une direction, attendre quelque chose.
Désespoir = fin de l’attente
Rythme changeant : vers coupé, le dernier mot rompt avec la passion, l’exaltation du reste du poème. Rupture traduit l’incapacité à retrouver ce phénomène de possession, arrêt de la musique.




Conclusion

    Forme remarquable, moyens originaux pour faire percevoir ses sentiments et traduire un phénomène de synesthésie.

    Elargir avec Harmonie du Soir XLVII : même rythme à 4 temps avec un retour régulier du même vers (pantoum), // mouvement de valse.



Si vous avez aimé cette analyse de La musique de Charles Baudelaire, vous aimerez aussi les analyses des poèmes suivants :




Retourner à la page sur l'oral du bac de français 2016 !
Merci à Guelib3 pour cette analyse de La Musique de Baudelaire