ISonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.Quand Josué rêveur, la tête aux cieux dressée, A la septième fois, les murailles tombèrent.
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I- La structure du poème
Sa disposition typographique est parlante, qui dégage le premier vers
et le dernier vers du poème.
On s’aperçoit que le premier vers est un envoi, muse à la
force poétique. Ce poème est un récit, par un indice temporel « quand » avec
le passé simple et le passé composé. La chute se termine
sur « tombèrent ». La situation finale est toujours
une inversion
sémantique par rapport au poème. Le dernier vers annonce le septième
livre. Il y a aussi un contraste d’effet rythmique : ce blanc ne fait
que
prolonger l’effet de suspens. Le vers 1 est une exhortation qui passe par
l’impératif assorti d’une métaphore.
Le reste du poème
serait une illustration de cette métaphore. Le vers 1 fonctionne comme
un discours : opposition entre récit-discours : le poète
prend
la parole et son interlocuteur est la poésie (directement) et le lecteur
de la poésie est visé (indirectement). Cet exhortation est un encouragement à ne
pas renoncer. Imitation du style biblique. Le premier vers souligne la forme
de parabole et met en évidence son fonctionnement moral. Effet de symétrie
entre les vers 1 et 26. Effet de dramatisation par les blancs. A l’exhortation
du début il répond par l’assurance d’un succès :
fin heureuse.
Le récit : la dramatisation vient de deux éléments
: progressivité du rythme, 6 épisodes différents. La
longueur de chaque épisode grandit progressivement. Le peuple arrive
progressivement sur les remparts. Le passage au style direct renforce la
dramatisation.
On passe de la population la moins responsable à la plus responsable.
La population est de plus en plus nombreuse à venir sur place. Le
ton s’aggrave aussi.
II- Mélange des tons
Epopée biblique. Le ton est grave. Les effets de grandissements
typiques de l’épopée se trouvent partout. Grandissement
du prophète héros, évocation de sa colère
(« irrité ») toute sacrée dont la valeur morale
est manifeste. La nomination confère à la signifiance du
mot (Sosué) : fils d’Aaron, hébreux.
L’importance des cuivres : trompettes, clairons : musique
militaire. Connotation d’une puissance guerrière. Il y a
un vers puissant : vers 18. Décor qui est propre à la guerre.
A la valeur guerrière s’ajoute l’antiquité ce
qui rajoute de la valeur.
Le décor fourmille d’indices de dignité.
Le pathétique est lié aux personnages. Insistance sur les
aveugles et les boiteux. Satire reposant sur l’inversion des valeurs.
Les valeurs sacrées sont bafouées. Effet de contraste très
puissant entre les éléments sacrés et la tentative
de dégradation dont ils sont objets. Le rire est assimilé à la
dégradation. Rire et cracher ont la même valeur. Le rôle
du discours direct est ironique : le roi s’adresse au prophète
: « les hébreux sont bons musiciens ». Utilisation
ironique et dégradante du mot « musicien ». Le lecteur
est invité à s’assimiler au camp des justes.
III- Valeur symbolique
« Clairons de la pensée » : jeu sur la famille étymologique
de clairons (clair : lumière) ; philosophie des Lumières.
Le clairon annonce l’ordre de la bataille et c’est l’instrument
qui fait sortir les lumières. Le champ sémantique de la clarté :
parallélisme à travers la métaphore : le recueil est
le clairon dont la fonction est de chasser les ténèbres.
Le parallélisme : France de Napoléon III assimilée à toutes
les villes de la corruption comme Jéricho.
Les citoyens de Jéricho comme les personnels de l’empire bafouent
le sacré et rient (le rire s’oppose au sacré). Le rire
est négatif, c’est un rire dégradant le rieur et sa
cible. Ce sont des huées. Il y a un réseau entre « rire », « cracher », « imiter », « se
moquer », « railler ».
Effet d’antithèse accompagnant le parallélisme. Au
vers 24, il y a une antithèse dans les mots : les anciens ne rient
pas. Pour stigmatiser l’indignité de ce peuple qui se livre à la
perdition. Renoncement à la sagesse qui constitue un contraste avec
la noblesse.
Le poète est assimilé au prophète, il s’agit
d’une figure tragique : il est seul, c’est un éclaireur,
il marche devant, il est irrité. Le prophète et le poète
sont des détenteurs de la vérité, médiateurs
entre Dieu et hommes. Les deux annoncent l’avenir. (« sonnait
de la trompette » : annonce de l’avenir). Le poète est
sifflé, hué, méprisé des peuples, victime de
la raillerie. Il est porteur d’une vérité austère : son clairon est noir. Il change le corps du monde. Force d’action
dans la parole du poète comme celle du prophète.
Conclusion :
Ce poème relève d’une poésie didactique,
liée à l’action crée pour dégager une force
par le mélange entre la dimension héroïque, épique
et satirique. Le poème dénonce la légèreté et
l’absence de clairvoyance de la France de Napoléon III livrée à la
débauche, bafouant les valeurs humaines comme divines. Le poète
détient la vérité de Dieu lui-même.
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