Phèdre est la tragédie
la plus connue de Jean Racine. Après l'avoir écrite, Racine devint historiographe
du roi.
Voilà six mois que Thésée a quitté Athènes
dont il est le roi. Son fils Hippolyte est sur le point de partir à sa
recherche et de fuir la jeune Aricie dont il s'est épris. Phèdre,
seconde épouse de Thésée, languit, et accablée d'un
mal mystérieux, dépérit, se laissant mourir de faim. Oenone,
sa nourrice et confidente, tente de la ramener à la vie et de lui faire
dire son secret. C'est de cela qu'il est question dans cet extrait.
Lecture
Annonce des axes
Etude
I- Un aveu dramatique
a) Le rôle d'Oenone
- Très grande intimité entre Phèdre et Oenone. Oenone est à genoux : « Par
vos faibles genoux que je tiens embrassés » -> marque
de respect.
- Pour obtenir l'aveu de Phèdre, Oenone utilise :
- l'affection : « Madame, au nom des pleurs que pour vous j'ai versés »
- le questionnement : « Que faites-vous, madame ? », « Aimez-vous ? »
- les ordres (injonctions) : « Délivrez mon esprit de ce funeste
doute », « Oublions-les, madame ».
- les reproches : -par rapport à ce qu'elle a fait pour elle dans le
passé : « au nom des pleurs que pour vous j'ai versés ».
- par rapport à l'attente qu'elle lui inflige : « Par de vaines
frayeurs cessez de m'offenser ».
- Finalement, Oenone endosse, prend sur elle une part de culpabilité de
Phèdre : « C'est toi qui l'a nommé ! »
b) Le poids de la fatalité
Phèdre fait un retour sur le passé familial pour excuser sa propre
faute : « Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable /
Je péris » :
- cf. sa mère Pasiphaë v.249-250
- cf. sa soeur Ariane v.253-254
II- Un chant douloureux
a) Horreur et compassion
Horreur : « Tu vas ouïr le comble des horreurs », « A
ce nom fatal, je tremble, je frissonne », « Contre moi-même
enfin j'osai me révolter », « crime », « terreur » -> hyperboles,
elle se compare à une criminelle, sentiment de dégoût
d'elle-même.
Compassion : « D'un incurable amour remèdes impuissants ! », « Ô haine
de Vénus ! », « Cruelle destinée ! » -> Phèdre
se présente en victime pour qu'Oenone compatisse.
b) Un amour malheureux
Amour coup de foudre : « Je le vis, je rougis »
- Pour Phèdre, l'amour est une maladie qui la fait souffrir : « blessure », « transir
et brûler », « mon mal », « Ô comble
de misère ! », « ardeur » = souffrance
morale et physique.
- L'amour est un feu intérieur qui la dévore : « flamme », « feux
redoutables », « brûler ».
- L'amour est une folie : « mon âme éperdue ».
Conclusion
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