Lux - VBannis ! bannis ! bannis ! c'est là la destinée. Les temps heureux luiront, non pour la seule France, Les tyrans s'éteindront comme des météores. Oui, je vous le déclare, oui, je vous le répète, L'arbre saint du Progrès, autrefois chimérique, Et nous qui serons morts, morts dans l'exil peut-être, |
I- Comment transparaît l’enthousiasme
du poète ?
Contraste entre le futur, le passé composé et le passé simple
(« ce qu’apporta le flux sera dans la journée »). Ce
poème évoque le futur. Cette posture de prophète qui termine
Les Châtiments se confirmera dans Les Contemplations.
Les pronoms personnels « je » sont suivis de verbes déclaratifs.
Au vers 20 : la métaphore ajoute à la
puissance de cette voix.
C’est un écho du poème « sonnez, sonnez ».
Le
poème se termine par « nous » qui exprime la fraternité à venir.
Multiplicité de la tournure exclamative. Ces exclamations peuvent être
de slogans politiques, des cris d’enthousiasme (« liberté », « paternité de
Dieu »). Il y a trois allégories :
fraternité, paternité et
liberté. Exclamation d’admiration (« Ô sourire
d’en
haut ! Ô du ciel pour la terre/Majestueux amour ! »). L’enthousiasme
se marque par une prosodie fantaisiste : alternance d’hexasyllabes et d’alexandrin
régulière. Rimes plates puis rimes
embrassées.
II- Le rayonnement universel
Lux = lumière. Ce titre confère la disparition de l’ombre.
Champ lexical de la lumière : « ombre », « luiront », « aurores », « rayons », « jour », « luire »...
La lumière s’oppose aux ténèbres du recueil.
Allégorie de la liberté qui porte la lumière. Autre
champ lexical de la naissance : « délivrance », « naissant », « sortir », « croîtra » => mis
en relief par le rejet. Lux est la réconciliation universelle. Œcuménisme
(volonté de réconcilier tout le monde). Ce progrès
concerne tous les hommes (« tout », « tous »).
Progrès de la religion.
III- La religion du progrès et le
progrès de la religion
Le poète est prophète et annonce la fin de la tyrannie (« flux » et « reflux », « les
tyrans s’éteindront »), métaphores cosmologiques.
Le second empire est relégué dans le passé (« le
passé »). Le poète proclame l’avènement
de la République universelle qui se traduit par la fraternité des
hommes et abolition de l’esclavage. Vision toutes personnelle de
l’histoire. Idée de Victor Hugo : Napoléon a cru mettre
fin à l’idée de progrès (qui commençait
en 1789) alors que personne ne peut freiner l’élan de la poésie
vers la liberté. L’arbre saint du progrès pousse du
vers 25, et il était sous terre dans le début du poème
puisque l’arbre sort du gouffre. Métaphore du progrès,
de l’arbre est paradoxale qui consiste à mêler le progrès
social à la ferveur religieuse.
Vers 18 : 2 sortes de rayons se mêlent. L’amour de la République
se mêle à l’amour de Dieu. Idée qui parcoure
tous Les Châtiments.
Progrès : force qui émane de Dieu. Idée issue du romantisme.
Conclusion :
Lux est un poème terminal qui clôt Les Châtiments.
Victor Hugo y abandonne le pessimisme. On y retrouve la joie et l’espoir.
Il délaisse la régularité métrique de l’alexandrin
pour se consacrer à une prosodie fantaisiste qui annonce la richesse
des contemplations. Cette prophétie va se réaliser 20 ans plus
tard, en 1872 Victor Hugo ne s’est pas trompé sur le sort de l’histoire.
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