Las où est maintenant...

Joachim du Bellay - Les Regrets (1558)


Introduction :

Joachim du Bellay était un humaniste, membre de la Pléïade (qui comptait 7 poètes, dont Ronsard).
Les Regrets, recueil des poèmes de Joachim du Bellay, paraît en 1558. Les Regrets sont composés de 191 sonnets en alexandrin qui furent composés quelques temps le retour d’un séjour de plusieurs années à Rome qu’a plutôt mal vécu Du Bellay.
« Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ? » est un sonnet lyrique, témoignage d’un doute quant au génie, à ses compétences.


Lecture du poème :



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Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l’immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ?

Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la nuit brune
Les Muses me donnaient, alors qu’en liberté
Dessus le vert tapis d’un rivage écarté
Je les menais danser aux rayons de la Lune ?

Maintenant la Fortune est maîtresse de moi,
Et mon cœur, qui soulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuient.

De la postérité je n’ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l’ai plus aussi,
Et les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient.

Joachim du Bellay, Les Regrets
    Joachim du Bellay
Joachim du Bellay


Annonce des axes d'étude


Commentaire du poème:

I. La perte d’inspiration poétique :

1. Le jeu des oppositions entre jadis et maintenant
Les 2 premières quatrains sont différents des 2 dernièrs tercets

2. Le poète amer et désabusé
- rythme haché
- allitération en « m »
- voyelles nasalisées
=> élégie


II. Le mystère et l’irréversibilité de cette perte

1. Mystère et mythologie
- « Fortune » : personnification antique du Sort
- « rivage écarté » = Hélicon où demeurent les muses
- « danser (…) lune » : inspiré d’Horace : « Déjà Vénus de Cythère conduit les danses sous la lune ». Or Erato, muse de la poésie lyrique présente des analogies avec Vénus.
- douceur

2. L’irréversibilité
rythme binaire interrompu : rupture


III. La conception de la poésie

1. L’immortalité

2. L’inspiration définie par Du Bellay
- illimitée
- Platon : inspiration = foudre qui induit la souffrance


Conclusion :

Ce poème de Joachim du Bellay « Las où est maintenant ce mépris de Fortune ? » est paradoxal : il est inspiré par la perte d’inspiration.





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