
Mme de Sévigné devait aller voir sa fille. Mais elle est retenue à Paris car sa tante est atteinte de la maladie ce qui la contrarie doublement : par la douleur de sa tante et par son retard.
Second paragraphe :
Mme de à Paris opère une introspection (examen de conscience,
réflexion philosophique et morale). La maladie d’un proche en
est le prétexte mais aussi la question de sa fille sur sa vie dans sa
lettre précédente. Elle tente donc de faire le bilan mais elle
répond à la question par une suite d’autres questions.
Cela montre que Mme de à Paris est quelque peu perdue et angoissée
au sujet de sa vie et de sa mort.
La Question : En quoi cette lettre s’avère-t-elle caractéristique
d’une autobiographie ?
Plan de l'étude :
I. Une lettre attachante
1. La mise en place des éléments d’une communication épistolaire
entre une narratrice et une narrataire.
2. La mise en scène de l’affectivité.
3. La tonalité tragique de cette situation.
Conclusion : l’ensemble est donc une mise en scène autobiographique des sentiments d’une mère angoissée (peur et impuissance face à la mort) et épleurée (traversée par des événements tragiques).
II. Une méditation sur l’existence
1. L’expression de l’incertitude à travers le chemin de
la Pensée.
2. L’entrelacement des deux thèmes de la vie et de la mort.
Conclusion : Il s’agit d’un journal égotique (réflexion sur le « soi ») qui est une véritable introspection.
Conclusion Générale : Ce texte est autobiographique pour diverses
raisons.
1. Mise en place d’une communication.
2. Restitution des sentiments du sujet.
3. Réflexion du sujet sur l’existence
Commentaire littéraire:
I. Une Lettre attachante
1. Mise en place des éléments d'une communication épistolaire
Genre épistolaire: Bipolarisation: Narrateur – Narrataire
Commence par les marques de l'énonciation, d'échange de paroles.
Dès la première phrase, on a un échange de propos : « Vous
me parlez »
•
Les pronoms personnels renvoyant à Mme de Sévigné « je … me » sont
répétés de façon récurrente. L’importance
de ces marques traduit la volonté de parler avant tout d’elle.
•
En même temps, « vous » narrataire. Elle parle à quelqu’un
de précis : sa fille Françoise qu’elle aime énormément.
Elle envoie ses nombreuses lettres pour combler la distance entre elle et sa
fille. « ma chère fille ».
•
Echange de propos, impression de discours oral, dialogue écrit. « Vous
me demandez » qui renvoie à une lettre précédente. « Ah ! » interjection
orale qui donne l’impression de parole, il donne
de la vivacité au récit, il exprime les sentiments.
2. La mise en scène de l’affectivité
La tonalité exprimée par le vocabulaire affectif donne l’impression que la personne qui s’exprime est touchée. En effet, elle devait partir voir sa fille mais elle est retardée, elle est donc dans l’impatience de voir sa fille. Cette impatience est une souffrance. « Il voit mon cœur et la douleur que j’ai de n’être pas libre tout présentement. » (l. 4-5), « je languis » (l. 1), « Vous ne sauriez avoir tant d’envie de me voir que j’en ai de vous embrassez » (l. 9-10). Ces expressions soulignent l’amour qu’elle porte à sa fille. On a une tonalité lyrique qui exprime l’impuissance et une tonalité pathétique qui exprime la douleur de ne pas être là. Les mots qui traduisent l’amour et la tendresse qu’elle porte pour sa fille : « chère… espoir charmant » (l. 1) et « vous embrassez » (l. 10) sont renforcés par le point d’exclamation.
3. La tonalité tragique
Le fait que sa tante se trouve à l’agonie rajoute le tragique,
idées de maladie, de la mort, de la séparation. Cette dernière
idée rappelle la séparation mère/fille en moins tragique.
Vocabulaire de la maladie « brise le cœur » (l.
2) l’hyperbole souligne la détresse face à la mort, « au désespoir
aussi bien que moi » (l. 8) sentiments liés au tragique.
Elle est obsédée, une double obsession entre la guérison
impensable de sa tante et le désir de revoir sa fille. C’est un « je » qui
exprime ses sentiments : marque de l’autobiographie.
II. Une méditation sur l’existence
C’est une partie métaphysique (réflexion sur la vie et
le mort) et philosophique (forme de sagesse).
C’est une épicurienne: « dégoûtée
par la mort ».
Malgré son amour pour sa religion, son amour pour sa fille est plus
fort ce qui l’entraîne à cette sincérité autobiographique.
Sa fille la questionne sur sa vie, elle répond en parlant directement
de sa mort, le sujet qui l’intéresse. Elle est obnubilée
par la mort => la vie n’a plus grand intérêt.
1. L’expression de l’incertitude
Le passage des interrogations (l. 16-21) souligne encore une fois l’aspect obsessionnel de cette réflexion sur la mort. C’est un monologue intérieur introspectif, elle s’interroge sur l’existence, c’est une interrogation lyrique.
2. L’entrelacement des thèmes de la vie et de la mort
Cet entrelacement traduit l’angoisse et l’inquiétude « Je
trouve la mort si terrible que je hais plus la vie » (l. 23-24)
car la vie mène à la mort. Questionnement sur le sens de l’existence.
Expression de regrets sur sa « sotte vie » (l. 22). L’incohérence
de la vie relevée par Mme de Sévigné : Elle n’a
pas demandé à vivre, elle ne demande pas à mourir. C’est à ses
yeux une fatalité inacceptable.
Conclusion
C’est une lettre autobiographique car il y a expression de l’auteur
de ses sentiments à la première personne. C’est une introspection
car Madame de Sévigné se livre sincèrement à sa
fille, elle est le sujet et l’objet de sa réflexion.
Merci à Antoine pour cette fiche