Les fausses dévotes

Jean de la Bruyère (1645-1696)





Introduction     La Bruyère, Les Caractères

- Les dévotes sont des femmes d’un certain âge qui, n’ayant plus leur beauté et leur vivacité d’antan, s’attachent avec ferveur à la religion pour briller à nouveau.
- Influence de Mme de Maintenon sur la Cour -> la dévotion est de mise.
- On nous présente sous forme de portrait un des vices du siècle, largement condamné par les auteurs de l’époque : la fausse dévotion.
- Ce vice atteint surtout les femmes, car elles sont les premières touchées par les effets de l’âge.
- Dévotion     = passion pour Dieu (amour extrême pour Dieu, et ces femmes en sont esclaves).
                      = mode qu’il faut suivre
                      = « faiblesse » qui arrive à un certain âge.


Lecture

Plan de l'étude

Texte en 2 parties :
        1 - Vie des femmes dans leur jeunesse, quand elles n’étaient pas dévotes (salons, occupations).
        2 - Vie des femmes dans leur fausse dévotion.


Etude

1 - Vie des femmes dans leur jeunesse, quand elles n’étaient pas dévotes (salons, occupations).

- Occupations : jeux avec des paris, rébus, charades, … ; spectacles : aussi bien une pièce de Molière qu’un montreur d’ours, concerts (Lully) ; mascarades (jeux avec des masques) ; sermons (= genre littéraire)…
- Règles des salons : chaque dame a son jour de réception, avec une pièce précise pour les réunions (chambre bleue, salons jaune…) -> on joue avec de l’argent, on discute futilement, on médite sur les autres… mais on prend du plaisir (-> préoccupation des gens à cette époque). Des gens comme Pascal ont blâmé ce défaut qui neutralise la réflexion.
- Jansénisme : doctrine qui prône une bonne conduite morale pour obtenir le salut, mais le Christ n’accueille qu’un petit nombre d’élus -> ce n’est pas du tout respecté à l’époque.


2 - Vie des femmes dans leur fausse dévotion.

- Les femmes essaient de convaincre en mettant en valeur leur dévotion, elles l’outrent -> elles sont totalement hypocrites.
- La Bruyère les compare à des morts, et ne voit pas l’intérêt de passer sa vie ainsi.
- Elles pensent peu -> intelligence nulle ; mais leurs seules pensées sont favorables à elles-mêmes, et médisantes pour les autres.
- Ce comportement reflète de la jalousie envers les jeunes femmes coquettes.
- Elles brillent désormais dans la dévotion, comme elles le faisaient avant, dans ce monde qu’elles ont quitté par politique ou par dégoût.
-> Avant, elles vivaient sans morale mais prenaient du plaisir ; et à présent elles vivent aussi sans morale mais sans prendre de plaisir…

Structure du texte : deux parties très nettes, avec une partie introduction et une rapide conclusion.


Conclusion

    La Bruyère effectue tout d’abord, dans une première partie, une sévère critique de la société mondaine de son temps ; puis, dans un deuxième temps, il évoque avec dégoût et tristesse l’outrance de la fausse dévotion. Une critique de plus de l’hypocrisie au XVIIème siècle.
Cf. Onuphre (p.413) => portraits.
Cf. Le Misanthrope, La Princesse de Clèves => critique de l’hypocrisie.






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