ELECTRE

Acte II, scène 9

Jean GIRAUDOUX




Introduction

Scène = narration du meurtre par le mendiant au moment même où il se déroule.

Lecture du texte

Annonce des axes

Explication du texte

I - Le châtiment de la mère

A) L’utilisation des points de vue
  1. Le point de vue d’Égisthe (au départ ne comprend pas puis prise de conscience insistant sur les détails sanglants répétition saigner - Clytemnestre=animal identifié progressivement tout comme l’assassin "on" puis "son fils")

  2. Le point de vue d’Oreste (il frappe au hasard, c’est le pire des meurtres, un matricide à son propre effroi, il a l’impression de tuer une mère innocente car elle crie "Chrysothémis")
B) Un sacrifice sanglant

Comparaison de Clytemnestre à une bête qu’on saigne (le verbe est répété à brutalité insupportable) : lexique de la boucherie Clytemnestre est égorgée, Oreste = bourreau, "et" sépare les étapes de la mise à mort, Clytemnestre est dépouillé de sa dignité de mère et de femme

C) Les commentaires du mendiant

"une mère" = portée universelle, généralisation. Clytemnestre essaie de se tenir debout (2 sens : pour survivre, pour gagner une dignité qu’elle n’a jamais eu)
La mort de Clytemnestre est pathétique mais pas tragique en raison de son manque de dignité.


II - La mort tragique d’Égisthe

A) Une lenteur solennelle


Ce récit dure plus longtemps que celui de la mort de Clytemnestre : phrases longues, juxtapositions fréquentes, ainsi que la coordination.
Répétition de "lutter" équivalent à son courage. Anaphore de "Alors"

B) Un personnage tragique

1) Un drame intérieur : il meurt en criminel alors qu’il s’est transformé en roi généreux et aimant son pays. Sa métamorphose a été vaine. Antithèses "criminel" ¹ "pur et sacré", "loyauté" ¹ "infâme". Il se bat pour mourir dignement.

2) Des efforts inutiles Tout se ligue contre lui : l’oiseau (= destin), Clytemnestre, son lacet (= les objets)

Lorsqu’il sait que sa mort est inévitable, il cherche à s’éloigner de Clytemnestre car celle-ci représente son passé criminel. Mais il n’y parvient pas, ce qui nous montre bien ici la fatalité du destin (pour l’éternité ce couple Electre/Clytemnestre).

3) Le cri ultime :

Il crie "Électre!" car elle seule peut encore le comprendre même si elle l’a condamné. Tragique.


III - Les caractéristiques du récit.

A) La tension dramatique


1) Un récit qui donne à voir

Le mendiant ne s’y trompe pas : il dit "voici" = "vois ceci"

2) Les variations du rythme

Brièveté des phrases, parataxe -> précipitation, imminence du moment tragique.
Puis le rythme se ralentit, coordination, subordination car la fin est connue, elle ne fait aucun doute

B) Un présent passé

1) Un usage paradoxal des temps verbaux

Giraudoux Utilise passé simple alors que l’action se déroule au mêle moment

2) Une répétition du passé

Ce meurtre appartient au passé, à la mythologie et dans ce domaine tout est déterminé : on ne refait pas l’"Histoire".

3) Un accomplissement du fatum

Oreste ne peut échapper à la fatalité du mythe, comme Égisthe et Clytemnestre.
Étymologie : fatum= ce qui a été dit ; mythe= parole
La voix du mendiant est donc celle du destin, encore plus que celle des Euménides.


Conclusion :

Ce récit de meurtres horribles raconté par le mendiant inspire la pitié pour Clytemnestre alors que la mort d’Égisthe est tragique.
Le mendiant apparaît comme le Coryphée (il récite) et comme un voyant : il est doué de prescience.






Retourner à la page sur Electre !
Retourner à la page sur l'oral du bac de français !


Merci à celui ou celle qui m'a envoyé cette fiche...