ELECTRE
Acte I, scène 2
Jean GIRAUDOUX
Remarque préliminaire :
travailler la lecture : différencier autant que possible les personnages (un vieillard, une jeune idiote et un noble personnage : l’étranger). Travailler les enchaînements (interruptions) et fixer si besoin est les respirations.
I Un couple ridicule.
Le dialogue entre ce vieux notable sentencieux et sa jeune épouse écervelée relève de la comédie voire du théâtre de boulevard.
- Les interruptions d’Agathe : Elles reprennent les mots du président ("agréable", "adultère") pour les renforcer ("très", "infiniment") ou les atténuer ("gros mot") : cela n’apporte rien au débat mais la gène d’Agathe par rapport à la notion d’adultère annonce la suite. La dernière réplique d’Agathe confirme la sottise d’une femme qui approuve avant de comprendre "absolument, pourquoi" "j’ai oublié".
- Le radotage du président : la phrase d’Agathe "tu me l’as dis" dévoile un automatisme, un point de vue que le président dois répéter régulièrement. On observe d’ailleurs une construction ternaire, très rhétorique de son discours : 3 vertus, 3victimes, 3 calamités. Mais l’anaphore de l’impératif "ne m’interromps pas" souligne l’inconsistance du président : contradiction absolue entre les deux arguments "surtout pour dire la même chose" "surtout pour me contredire".
- L’évolution du dialogue : le ton du président monte jusqu’au "Tais toi, Agathe !", ce qui contrasta avec le retour du terme affectueux "chéri". Finalement, le président ignore totalement sa femme è
dialogue absurde = dialogue de sourd.
II Le système du président se heurte à celui de l’étranger.
- Une divergence sur le vocabulaire. Les deux personnages se querellent sur les mots "femmes à histoires" à
"conscience", "égoïsme" à
"bonheur".
- L’étranger emploie une antiphrase "je suis bien de votre avis" pour valoriser par désaccord. La vision de l’étranger se dégage implicitement des propose du président qui la contredise : "justice, la générosité, le devoir et l’acharnement". Electre est celle qui a refusé la loi habituel : "Les morts s’oublient, les vivants s’accordent d’eux-mêmes".
- Un idéal de la médiocrité. Champ lexical du confort, agréable répété 4 fois. "existence douce correcte égoïsme facilité". Dans cette perspective le bonheur lui-même est associer à une perte de liberté et d’autonomie : "reddition" "capitulation" à
= esclavage de l’antiquité. Le président dissèque l’humanité et matérialise les douleurs affectives, la peine morale est comparée à l’ulcère et le deuil à l’orgelet : deux métaphores de l’infection. "dosage" : manipulation de chimiste ou de pharmacien.
- Les conséquences se dessinent d’une manière inquiétante : là où l’étranger voit une rédemption ("sauver le monde"), le président parle des pires catastrophes : "enfer, malédictions, brouilles, chaîne, ruine". Deux groupes s’opposent définitivement dans Electre : les partisans du compromis et de l’oubli et ceux qui s’acharnent.
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Merci à Jérémy qui m'a envoyé cette fiche...