Bel-Ami

Maupassant

Deuxième partie, chapitre 1



Introduction

    Devenu journaliste par hasard, hasard d'une rencontre avec Charles FORESTIER, Georges DUROY, d'abord nommé Chef des échos prend d'autant plus d'importance dans la Vie Française que Charles FORESTIER meurt. Il est donc débarrassé d'un ami et d'un mari, qu'il s'était promis de cocufier. Il répond au désir de Madeleine en adoptant un nouveau nom : Du Roy de Cantel, et c'est immédiatement après le mariage civil que le couple se rend dans la région de Rouen, évoquée deux fois dans la première partie, aux chapitres 6 et 7. Ce passage marque comme une pause dans le tourbillon entraînant Georges DUROY, avec le retour au pays.





Commentaire littéraire


1° axe : Les sentiments et les sensations de Du Roy

    C'est le lexique et plus exactement les champs lexicaux qui nous renseignent : " Je suis content, ça fait plaisir, l'amour inné du pays " et la manifestation du plaisir par le verbe " riait ". L'abondance également du champ lexical de la mémoire : " Il les connaissait toutes, tous les souvenirs retrouvés, toutes les choses d'autrefois revues " montre que le narrateur lui accorde une importance particulière.
    Le champ lexical de l'odorat est aussi présent : " Les odeurs du sol, le grand souffle de résine, les senteurs du logis, du ruisseau, du fumier " donc l'odorat contribue au fonctionnement de la mémoire, tout comme la vue : " revue, une marque dans une porte, une chaise boiteuse nous rappelant un petit fait. "
    Le narrateur met en scène le réel en rendant compte de ce qu'éprouve Du Roy

Conclusion partielle : Le style indirect libre nous permet d'avoir directement accès aux pensées du personnage, ainsi, nous en venons à oublier la présence du narrateur.



2° axe : La vision négative du monde rural

a) Le cadre de la campagne Normande

    Ce cadre est campé par l'évocation des odeurs, qui nous font prendre la mesure du réel de cette campagne : " Des odeurs de sol, le grand souffle de résine et d'arbres venu de la foret voisine, les senteurs du logis, du ruisseau, du fumier. ". Ce sont les seuls éléments qui nous permettent d'imaginer Canteleu.
    La description du repas de paysans est la description d'un repas de fête. Mais ce repas comporte des notes négatives : " long, mal assorti ". Au cours de celui-ci est présentée la couleur locale : Le Cidre (2 occurrences : " mis en joie par le cidre ;cidre roux, mousseux "

b) Les personnages

  • Le père Duroy :
    ce n'est pas réellement le père Duroy dont le portrait est dressé, mais la caricature des conséquences de la boisson, dont le champ lexical est très abondant. Son autorité, que l'on remarque dans " le père criait, en tapant du poing à la cloison ", le décrit comme le stéréotype du paysan (cf. Madame Bovary de Flaubert, le père spirituel de Maupassant).
  • La mère Duroy :
    Elle s'oppose à son mari par son mutisme. Son physique est évoqué et met l'accent sur le travail qui l'a marquée : " Vieille travailleuse, vieille rustique aux doigts usés, aux membres déformés par les dures besognes. ". Le mot travail est évoqué ici avec son sens étymologique. Toutefois, son âge n'est pas précisé.

    Conclusion partielle : Le style indirect libre nous fait de nouveau découvrir les songes des personnages : Les pensées de la mère Duroy sont marquées par la haine à l'égard de sa bru.



    3° axe : 2 portraits de femmes antithétiques

    a) La mère Duroy, épiant de l'œil sa bru

        La mère Duroy a des préjugés concernant les filles de la ville : des préjugés moraux et religieux : " une répulsion de maudite, de réprouvée, d'être impur fait pour la fainéantise et le péché ". Ceci explique en partie la réaction de la mère Duroy, puisque celle-ci perd son fils, sachant qu'en ayant épousé Madeleine, Georges ne reviendra plus au pays.

    b) Madeleine est triste

        La tristesse de Madeleine se remarque par le champ lexical de la déception : " déçue, navrée, morne, résignée " et par ses gestes " ne mangeait guère, ne parlait guère "

    Conclusion partielle : Cette rencontre manquée est un signe prémonitoire pour l'avenir du couple.


    Conclusion

        Pour Maupassant, on a souvent dit " Seul les sens nous apprennent ce qu'il faut savoir sur le monde ". Ainsi, le champ lexical de la sensation est important dans ce passage. De plus, le narrateur omniscient s'efface presque du récit, grâce à l'utilisation du style indirect libre qui permet d'avoir accès aux pensées des personnages.






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    Merci à Rémi (homepage : www.janot.fr.st) qui m'a envoyé cette fiche...