Le Barbier de Séville

Beaumarchais

Acte II, scènes 6 et 7


Introduction

Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile est une comédie en quatre actes de Beaumarchais, représentée pour la première fois le 23 février 1775. C'est le premier volet d'une trilogie intitulée Le roman de la famille Almaviva.
Le deuxième volet, Le Mariage de Figaro, est écrit en 1778 et mis à la scène en 1784 seulement. Le troisième, L'Autre Tartuffe ou La Mère coupable, est achevé et joué en 1792.

Présentation de l'extrait étudié.


Lecture du texte



Scène VI
BARTHOLO, L’ÉVEILLÉ

L’ÉVEILLÉ arrive en bâillant, tout endormi. Aah, aah, ah, ah…
BARTHOLO. Où étais-tu, peste d’étourdi, quand ce barbier est entré ici ?
L’ÉVEILLÉ. Monsieur, j’étais… ah, aah, ah…
BARTHOLO. A machiner quelque espièglerie, sans doute ? Et tu ne l’as pas vu ?
L’ÉVEILLÉ. Sûrement je l’ai vu, puisqu’il m’a trouvé tout malade, à ce qu’il dit ; et faut bien que ça soit vrai, car j’ai commencé à me douloir dans tous les membres, rien qu’en l’en-entendant par !… Ah, ah, aah…
BARTHOLO le contrefait. Rien qu’en l’en-entendant !… Où donc est ce vaurien de La Jeunesse ? Droguer ce petit garçon sans mon ordonnance ! Il y a quelque friponnerie là-dessous.


Scène VII
LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, LA JEUNESSE

La Jeunesse arrive en vieillard avec une canne en béquille ; il éternue plusieurs fois.
L’ÉVEILLÉ, toujours bâillant. La Jeunesse ?
BARTHOLO. Tu éternueras dimanche.
LA JEUNESSE. Voilà plus de cinquante… cinquante fois… dans un moment ! (Il éternue.) Je suis brisé.
BARTHOLO. Comment ! Je vous demande à tous deux s’il est entré quelqu’un chez Rosine, et vous ne me dites pas que ce barbier…
L’ÉVEILLÉ, continuant de bâiller. Est-ce que c’est quelqu’un donc, monsieur Figaro ? Aah, ah…
BARTHOLO. Je parie que le rusé s’entend avec lui.
L’ÉVEILLÉ, pleurant comme un sot. Moi… Je m’entends !…
LA JEUNESSE, éternuant. Eh mais, Monsieur, y a-t-il… y a-t-il de la justice ?…
BARTHOLO. De la justice ! C’est bon entre vous autres misérables, la justice ! Je suis votre maître, moi, pour avoir toujours raison.
LA JEUNESSE, éternuant. Mais, pardi, quand une chose est vraie…
BARTHOLO. Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu’elle soit vraie, je prétends bien qu’elle ne soit pas vraie.
Il n’y aurait qu’à permettre à tous ces faquins-là d’avoir raison, vous verriez bientôt ce que deviendrait l’autorité.
LA JEUNESSE, éternuant. J’aime autant recevoir mon congé.
Un service terrible, et toujours un train d’enfer !
L’ÉVEILLÉ, pleurant. Un pauvre homme de bien est traité comme un misérable.
BARTHOLO. Sors donc, pauvre homme de bien ! (Il les contrefait.) Et t’chi et t’cha ; l’un m’éternue au nez, l’autre m’y bâille.
LA JEUNESSE. Ah, Monsieur, je vous jure que, sans Mademoiselle, il n’y aurait… il n’y aurait pas moyen de rester dans la maison.
Il sort en éternuant.
BARTHOLO. Dans quel état ce Figaro les a mis tous ! Je vois ce que c’est : le maraud voudrait me payer mes cent écus sans bourse délier…

Beaumarchais - Le Barbier de Séville - Acte II, scène 6 et 7



Annonce des axes


Commentaire littéraire

I - DES VALETS LOURDAUDS

A - Ils portent leur nom par antiphrase

(Antiphrase : figure de style qui consiste à dire le contraire de ce que l'on pense)
Didascalies (La Jeunesse "avec une canne en béquille", L’Éveillé "baillant")

B - Ils ont été joués par Figaro

Il agit en coulisse
Il est rusé


II - UN MAÎTRE QUI POSSÈDE ENFIN L’AUTORITÉ

A - Un maître qui entend bien rester le maître

Champ lexical de l’autorité.
L’Éveillé et la Jeunesse obéissent à leur maître.
Bartholo coupe la parole à ses valets.

B - Un maître qui use de son pouvoir

Caractérisation de Bartholo


III - OMNIPRÉSENCE DE FIGARO

A - Un valet rusé

Il agit en coulisses.

B - Le symbole de la critique sociale dans la pièce

Il a la possibilité de s’élever dans la société.
"Est-ce que c’est quelqu’un Monsieur Figaro ?"


Conclusion






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