UNE VIE - Maupassant

L'argent dans le roman






Dans ce roman, tous les personnages sont en rapport avec l'argent. Pour la famille de Jeanne, l'argent est comme un jeu tandis que pour Rosalie, qui n'a pas un rang social élevé, l'argent est important donc elle économise et ne fait pas de folies.
Deux axes se dessinent donc :
- La famille de Jeanne et son appauvrissement tout au long du roman
- Rosalie et son enrichissement entre son départ du château et son retour au chapitre 11

I. La famille de Jeanne

- riches car ils ont hérité des biens de toute leur famille, mais ils dépensent sans compter donc ils subissent un appauvrissement au fur et à mesure du roman.
- les dettes de Paul aggravent encore la situation (voir chap 11) : il signe des reconnaissances de dettes ; il ruine Jeanne.
- l'avarice de Julien : voir au chap 5 où il dit à Jeanne : "puisque tu ne te sers as des 2000 francs que ta mère t'a donnés, donne-les-moi donc à porter." Puis plus tard lorsqu'elle lui demande de l'argent, il refuse de les lui rendre en entier, il lui en rend seulement la moitié. Voir aussi chap 6, lors de la rénovation de la calèche : "par mesure d'économie", "pour n'avoir plus à payer les carrossiers", "il introduisit une clause spéciale" -> il ne sait as faire fructifier l'argent.
- conséquences : obligés de vende des biens, d'hypothéquer le château des Peuples puis de le vendre (chap 11). Cette disparition des biens familiaux plus l'avarice de Julien vont précipiter Jeanne dans la déchéance pour la rendre plus fragile.


II. Rosalie

Après son départ des Peuples, elle a un mari et obtient 20000 francs. On peut dire que contrairement à Julien elle sait faire fructifier l'argent dans sa ferme car lorsqu'elle revint au château des Peuples pour aider Jeanne, elle s'est enrichie. D'un côté il y a les perdants (Jeanne et sa famille), l'argent leur file entre les doigts, ils ne savent pas le faire fructifier ; de l'autre il y a les gagnants (Rosalie), elle reçoit l'argent comme une récompense car elle a su le faire fructifier.


Conclusion

L'argent tient une place importante dans le roman. D'un côté Jeanne va perdre le capital accumulé par sa famille, ce qui va accentuer son désespoir ; de l'autre Rosalie va s'enrichir après son départ en faisant fructifier ce qu'elle a reçu et en travaillant très dur (chap 14) :
"Qu'est-ce que vous diriez s'il vous fallait travailler pour avoir du pain, si vous étiez tous les jours obligée de vous lever à six heures du matin". On peut donc dire que Maupassant réalise une critique de la bourgeoisie, qui ne sait pas utiliser son argent à bon escient, alors que les pauvres deviennent finalement plus riches que la petite noblesse.


Résumé

L'argent occupe une place très importante dans le roman. Au début, la famille de Jeanne entretient des rapports ludiques avec l'argent. Elle manie des sommes considérables pour l'époque sachant que l'on parle de franc germinal qui équivaut à 20 F actuellement. Dès les premiers chapitres, on sent que Jeanne et ses parents dépensent sans compter la richesse qui leur a été transmise par héritage. Au chap 3 par exemple, ils achètent un bateau et organisent un grand baptême. Leur fortune est vite dilapidée et le cercle familial est réduit à hypothéquer ses biens. Ils sont ruinés. On a l'exemple d'hypothèque des fermes et du château des Peuples.
Il y a une réelle rupture entre Jeanne et Julien lors de leur séjour en Corse. Julien se révèle avare, comme on le voit au chap 5 ; au chap 6, il réduit le budget, ce qui rend le costume du jeune valet, Marius, grotesque, car trop grand. On note une opposition entre la générosité financière de Jeanne et l'avarice de Julien : c'est en fait la désillusion de Jeanne qui voyait en son mari un homme parfait.
D'autre part, Maupassant utilise une opposition de type binaire entre les personnages : il y a les perdants, comme Jeanne, qui ne savent pas faire fructifier leur argent, et il y a les gagnants, comme Rosalie qui touche de l'argent en quittant les Peuples, et Julien qui en se mariant avec Jeanne est devenu noble et s'est considérablement enrichi. Pour résumer cette idée, on peut dire que l'argent fuit les indécis et va aux volontaires.
Paul, le fils de Jeanne, va contribuer en grande partie à la déchéance de Jeanne. Il vit à Paris, et va demander beaucoup d'argent à sa mère pour se sortir de ses dettes. L'argent illustre bien une noblesse décadente. A l'époque où est paru le roman, c'était un sujet tabou en littérature, et ici il met en valeur l'irresponsabilité financière de toute la famille Perthuis des Vauds, même Paul.





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Merci à Cécile qui m'a envoyé cette fiche...