à Terrassé, traqué.
Années 60 : Eugène Guillevic publie 3 recueils intéressants : Carnac, Sphère (inspiration de "Terraqué"), et Ville, d’inspiration nouvelle. Ville est un long poème où il essaie d’apprivoiser ce milieu (Paris).
Années 70–80 : Dans cette dernière période, Guillevic gagne en sérénité.
Nécessité de se sentir mieux dans la ville où il est obligé de vivre (Paris).
C’est une "méditation poétique" sur Paris. Ville est en fait un long poème dans lequel il la définit, il en cerne les contours. Il essaie d’approcher physiquement la ville, mais aussi par les mots comme si elle était un texte.
Lecture du texte
Annonce des axes
Etude méthodique
I) Approche de la ville :
Implicitement, le poète se demande à quoi pourrait ressembler la ville si elle était une fleur. "Lilas pas bien valide" -> pas en bonne santé (fleurs brûlées, ou racornies). C'est peut-être une allusion à la pollution.
Lilas : par sa forme, représente un ensemble de fleurs agglomérées. L’ensemble a souvent une forme allongée -> immeuble.
Lilas : peut pousser sur des gravats ; couleur discrète, va bien avec la ville.
Page 32 : Réponse à une question implicite.
Rapprochement ville / élément de la nature.
Le malaise : pages 32-33
Ville -> rapprochée du lilas pas bien valide. Les sonorités se répètent de façon assez désagréables (assonances en [a], mais aussi en [i], ainsi qu’une allitération en [l]).
Page 37 : Page différente, poème à part. 12 vers, rythme qui se met en place : 6-8-8-8.
V5 : Alexandrin 4/2//6
Puis 4-8-8-4-8-4-4.
Mètres pairs, qui ont un rythme régulier, souvent linéaire.
Idée dominante : couple. Association de la ville à des couples amoureux.
P37, le poète tutoie la ville (cf. Apollinaire).
II) La ville comme corps :
La ville est associée tout au long du poème à un corps.
-> analogies, comparaisons / métaphores.
Champ sémantique de corps est déployé pour faire image.
-> contact de la matière de ses petits éléments.
La ville est associé à un corps.
-> mécanique (cybernétique ? -> époque)
corps physique -> corps biologique (p36)
(électrons) humain
Ville = corps humain
Habitant = "globule rouge"
Artère -> rue, circulation = "artère" -> vaisseau = tissus.
La métaphore est filée, ou continuée.
Puis le corps devient désirable -> couples unis (p37).
III) La ville comme un texte :
- La ville comme un texte qu’il faudrait déchiffrer pour en être familier.
P34, le poète essaie de comprendre la ville en répétant"des mots" techniques pour saisir la modernité de la ville. Le poète est ici lecteur du texte de la ville.
P35, le poète va plus loin : c’est à lui que revient de fixer "les noms" que "les choses de la ville" "tremble de perdre". Ici, le poète est celui qui écrit, retient les mots, organise le sens. Le poète sauve ainsi la ville de la déshumanisation en la chantant avec chaleur ou en polissant le travail de l’écriture poétique : c’est ainsi que l’on peut interpréter "en caressant les noms".
- Le mot "tissu" (p36 et 37) unit ces deux métaphores du corps et du texte. En effet :
a) 2 sens du mot apparaissent ici -> champ sémantique de tissu.
b) Étymologie de tissu : participe passé -> nom du latin TEXERE, tisser, qui a donné en français TISSU et TEXTE. On parle du fil du texte ou de l’intrigue, de la trame d’une histoire…
Conclusion
Ville : corps, tissu sanguin, tissu du temps et certainement mots tissés en texte pour approcher au mieux la ville, qui devient vivante et chaleureuse.
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