UNE VIE

Chapitre 10

De "Les grains qui, …" à "plus d'os sous la chair"




I- Situation

  Au chapitre 10, le Comte découvre la liaison de sa femme avec Julien, comme Jeanne l'avait fait au chapitre précédent. Mais à la passivité de l'une va répondre la fureur de l'autre.

II- Lecture

III- Introduction

  C'est une situation romanesque banale que celle de la découverte de l'adultère, mais elle est traitée ici par Maupassant de manière singulière (aussi bien par rapport aux conventions que par rapport au roman lui-même). D'où les 2 axes retenus :
    1) Le traitement particulier d'une scène conventionnelle
    2) L'inhumanité / la déshumanisation

IV- Lecture méthodique

 1) Le traitement particulier d'une scène conventionnelle

 - Pour cette scène de la découverte de l'adultère, qu'il a traité ds Bel-Ami par exemple de manière classique, Maupassant ds Une vie utilise une approche + originale.
 - Les points de vus : au début du texte, point de vue du Comte (féminisation du spectacle de la nature) et discours indirect libre (" Que pouvait-on craindre par cette tempête ? ") puis point de vue externe, le lecteur assiste à une scène racontée par un témoin extérieur ; si l'on ne connaissait pas le livre, on pourrait s'interroger sur les gestes et les mouvements.
 - Le Comte est lui-même spectateur avant d'être acteur (" aperçu ", " colla son œil ", " en regardant ").
 - Les protagonistes sont effacés (le Comte métamorphosé et les Amants rendus anonymes : " ils ", " leur " et 2 termes génériques " l'homme " et " la femme "). La scène d'adultère normalement centrée sur la rencontre physique est ici occultée et le spectacle final est celui de corps détruits (" meurtris ", " saignant " dernier §).

 2) La déshumanisation

 - le Comte est vu tel un animal furieux : comparaisons (" semblable à une sorte de monstre ", " comme un bœuf "), verbes de mouvement qui l'assimilent à une bête près du sol (" se coucha ", " se traîna " , " rampa ") + champ lexical de l'animalité (" en poil de bête ", " fangeux ", " forcené ", " s'attela ", " haletant ").
 - Négation des personnages en tant qu'êtres humains individualisés (utilisation des pronoms personnels et pronoms indéfinis pour désigner ceux qui interviennent après l'accident). Seul le vieux mendiant a quelques consistances mais il est un personnage très secondaire et presque en trop comme on lui dira par la suite.
 - Si les êtres humains sont absents, c'est la hutte qui occupe finalement le centre de la scène : " hutte ", " cabane solitaire ", " maison de bois ", " niche ", " maison voyageuse ". De nombreuses expressions servent à qualifier l'objet en lui donnant des connotations d'intimité. De +, ds la 2ème partie du texte, elle devient le sujet de nombreux verbes de mouvements. Le rythme accéléré des phrases traduisant sa course folle. Elle est véritablement métonymique du couple qui s'y trouve, exactement comme au début où le Comte s'en approchait (" n'être point découvert ", " la faisant trembler "). Elle prend même une apparence animale (" allant ", " sautant ", " trébuchant comme une bête "), on a l'impression en particulier à cause de la répétition du pronom " elle ", d'une personnification.


V- Conclusion

Ce texte est à rapprocher de la scène au chapitre 10 où Jeanne découvre la même trahison. Mais la réaction de Jeanne illustrera une fois encore la passivité du personnage. Par ailleurs la violence de la scène est évoquée lors des brutalités du prêtre sur le chien.





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Merci à Fred pour cette fiche...