Soleils couchants
Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ; Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ; Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit ! Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Et la face des eaux, et le front des montagnes, Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, |
- Champ lexical du temps (spécialement dans le 1er quatrain)
- Utilisation du présent dans tout le poème = le temps est omniprésent (thème principal)
- Titre faisant référence à la journée qui se termine, au temps qui passe. Dans le texte, on trouve également : « le soleil s’est couché ce soir ».
- « soirs, nuits, aubes, jours » = temps envisagé dans sa suite comme l’indique le mouvement du premier quatrain = énumération des différents moments de la journée avec les articulations chronologiques « Et », « Puis » (anaphore) qui répété dans un même quatrain met en valeur la rapidité du temps.
- Utilisation du futur dans des verbes de mouvement « viendra, passeront » = met l’accent sur la fuite du temps.
- Mouvement souligné par des images, personnification : « pas du temps qui s’enfuit » à accentuation du pouvoir du temps.
- Evocation de la rivière : « fleuve d’argent »
- Forme du poème qui met en valeur la fuite du temps :
• Rythme binaire mais hémistiche en 2
à accélération du rythme
• Énumération avec parallélismes + enjambement (v.5, 6, 7,8)
à rapidité
Ainsi le thème de la fuite du temps dominant est à l'origine
de sentiments variés comme la mélancolie, l'amertume, la nostalgie,
d'autant plus que l'auteur met l'accent sur les conséquences positives
de la fuite du temps sur la nature.
II – Son influence positive sur la nature
- Nature affectée par le temps « ridée », mais suivi
de « non vieillis » qui annule le sens péjoratif de l’adjectif
= la nature ne subit pas l’influence négative du temps = reste
immuable, semblable à elle-même.
- Mise en valeur par les marques de la permanence « toujours », « sans cesse » + présent d’habitude « roule » « donne »
- Ne vieillit pas mais se rajeunit = correspond au temps cyclique des saisons
avec un renouvellement (V. 10/11) :
•
« ridés » = changement superficiel
•
« toujours vert » = toujours jeunes
•
« s’iront rajeunissant » = renouvellement
- Insiste sur le pouvoir de la nature (par-dessus le temps qui passe) + champs lexical du temps toujours en présence de parallélismes pour montrer son influence sur la nature = termes présents dans tout le poème pour montrer l’omniprésence de la nature.
- Utilisation de pluriels = met en valeur la puissance de la nature
- Référence aux 4 éléments : terre (montagnes), eau (fleuves), feu (soleil), air (orage, nuées, vapeur) à tout est réuni d’où la référence dans le dernier vers au monde.
- « immense » + personnification « face » « front » =
pouvoir de la nature et sa grandeur
«
joyeux », « fête » = aspect festif
III – Son impact négatif sur l’homme
- Utilisation de la première personne du singulier « je » « moi » = évocation
de l’homme = représente toute l’humanité
- « courbant plus bas ma tête » = vieillissant, s’inclinant face au pouvoir du temps = euphémisme qui souligne l’accablement du poète = sa soumission.
- « refroidit », « je passe », « je m’en irai » = références à la mort
- Présent puis futur = met en valeur le caractère éphémère de l’homme
- « Mais moi » montre l’effet opposé à la nature et souligne une injustice.
- La nature se renouvelle, rajeunit, tandis que l’homme disparaît.
- Pronom personnel singulier = nature qui détient plus de pouvoir.
- Evocation de l’homme dans un quatrain contrairement à la nature dans l’ensemble du poème = faiblesse de l’homme + aspect éphémère.
- La souffrance implicite marquée par l’opposition = le poète inspire son mal-être de façon subtile car sentiment opposé à la nature « radieuse » « joyeuse » = l’auteur est seul (romantique).
Le temps apporte souffrance et mort à l’homme.
Conclusion
Soleils couchants est bien un poème lyrique (thème de
la fuite du temps) : face à ce coucher de soleil, l'auteur constate avec
tristesse et amertume son sort et son impuissance face à une nature qui
se renouvelle et rajeunit au fil des saisons. Au contraire, l'Homme subit cette
fuite, l'amenant à une disparition opérée dans la joie et
l'indifférence. Ces quatrains, en présentant une méditation
sur le temps qui passe, permet le constat tragique de la condition humaine.
Ouverture
Louise Labé exprimant sa souffrance par une métaphore filée.
Tableaux de David Friedrich représentant l'immensité de la nature.
Merci à celui ou celle qui m'a envoyé cette fiche