UNE VIE - Maupassant

Le personnage de Paul





Dans le roman, le renouveau possible de la famille de Jeanne est représenté par la naissance de Paul, le fils de Jeanne. Celui-ci est-il réellement capable de redorer le blason de la famille ?

I. L'enfance

Jeanne, alors enceinte de Paul, découvre que Julien la trompe. Elle pense alors qu'elle ne pourra pas aimer son fils : "elle attendait son enfant sans curiosité" (chap 8). Cependant, après sa naissance, elle reporte sur lui tout l'amour que Julien lui a refusé et devient une mère fanatique : "elle se donna tout entière à son fils" (chap 11). Elle attend de son enfant qu'il lui donne "de quoi aimer à ne plus savoir quoi faire d'autre".
Parallèlement, Paul devient un "tyran braillard et tout-puissant". Tous l'idolâtrent, sauf Julien, qui ne supporte pas que son fils devienne le centre d'intérêt à sa place : "il effleurait du bout des lèvres, d'un air dégoûté, le front glabre du marmot" (chap 9). Dans cette atmosphère de compétition où tous se disputent les faveurs de Paul, il "devient l'idole, (...) règne en despote".


II. L'éducation

Jeanne refusant de le laisser aller à l'école, Paul est instruit par son grand-père, qui tente de lui apprendre le latin. Cependant, Jeanne interrompt sans cesse les cours, car malgré qu'elle "ambitionne qu'il devienne quelqu'un par le monde", elle ne veut pas qu'il travaille trop ou prenne froid, et elle est soutenue par Tante Lison. En conséquence, Paul n'aura pour ainsi dire pas d'éducation, "étouffé entre ces deux jupes et ce vieil homme aimable qui n'était plus du siècle" (chap 11).
A l'âge de 15 ans et malgré les protestations de sa mère, Paul part étudier dans un collège au Havre. Il rentre chaque fin de semaine aux Peuples. Il est plutôt mauvais élève, et Jeanne le traite comme s'il n'était encore qu'un enfant.


III. L'âge adulte

Petit à petit, Paul se détache de la famille, son goût prononcé pour la fête le pousse à jouer, ce qui lui occasionne des dettes de plus en plus importantes. Il part avec une jeune fille s'installer à Paris. Sa dernière folie est de monter à grands frais une société de paquebots, qui fait presque immédiatement faillite, ce qui va entraîner la ruine de la famille, et indirectement la mort de son grand-père.
Son seul rapport avec Jeanne sont les lettres. Il écrit à sa mère chaque fois qu'il a besoin d'argent ; mais celle-ci y voit une marque d'affection. Elle est aveuglée par son amour excessif pour son fils : "il reviendra, il va revenir puisqu'il écrit" ; "il avait écrit ! Donc il ne l'oubliait pas" (chap 11). De plus Jeanne fait la connaissance de Denis, le fils de Julien et Rosalie. Denis est un honnête jeune homme qui a repris la ferme de sa mère ; ce parallèle avec son propre fils est très douloureux pour Jeanne, même si elle ne veut pas se l'avouer.


Conclusion

Paul se charge de précipiter la déchéance de sa famille. Pour résumer ce personnage on peut dire qu'il a hérité du physique de son père, car il est plutôt beau garçon, de la mollesse et de la passion de sa mère, passion qui lui vaut de s'engager sans réfléchir dans des entreprises folles, et de la prodigalité de son grand-père. Paul apporte néanmoins une touche d'espoir à la fin du roman quand il confie sa fille à Jeanne. La famille Perthuis des Vauds n'est peut-être pas définitivement perdue.



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Merci à Cécile : didi.bidi@radionaze.com qui m'a envoyé cette fiche...