L’arrivée de Clitandre, préparée par le portrait fait
par Alceste, tout comme celle d’Acaste dont le portrait est fait par Célimène,
annonce la scène mondaine qui va suivre, d’autant plus que Philinte
et Eliante arrivent peu après. Cette scène témoigne de l’engouement
des mondains pour le jeu des portraits qui met en valeur la maîtresse des
lieux.
Lecture
Annonce des axes
Commentaire littéraire
I) Un jeu mondain qui met en valeur Célimène
1) Le rôle des marquis
• Rôle des marquis : relancer la conversation -> rythme rapide
•
La rime lancée par Clitandre est toujours complétée par
Célimène.
•
La question d’Acaste occupe 6 syllabes et Célimène complète
le vers.
•
Célimène ne reprend jamais le nom, elle généralise « homme » « femme » -> participe à la rapidité du mouvement.
•
Suppression du « madame » -> rapidité de l’échange.
Emballement de Célimène pour ce jeu, plaisir du médire -> rythme rapide
2) L’éloquence de Célimène, une qualité de
l’idéal mondain
• Aisance orale de Célimène : utilise du langage précieux
et soutenu « la moindre vétille », des jeux de mots.
•
Discours efficace, richesse du vocabulaire -> montre l’aisance orale de
Célimène.
•
Le réseau lexical de la parole est dominant « entretien » « conversation » -> parole nécessaire à l’idéal mondain.
•
Les courtisans que dépeint Célimène sont ridicules : dans
l’idéal mondain, il est important de faire bonne figure -> on
favorise le « paraître » aux dépends de l’« être ».
Célimène maintient l’attention sur elle grâce à son éloquence
et cherche à plaire. Il faut savoir se mettre en valeur avec habileté et
modération.
II) Les portraits, caricatures des gens de la cour
1) Quatre « types » de personnages
Timante : celui qui joue l’important
Géralde : le snob
Bélise : la sotte
Adraste : le vaniteux
• Timante : lexique du paraître, homme qui se considère
comme quelqu’un d’important et s’assure que tout le monde
voit son importance.
•
Géralde : entrelacement des réseaux lexicaux de la noblesse et
de la parole.
•
Bélise : lexique de l’ennui ; diérèses montrent
comme la conversation traîne en longueur.
•
Adraste : champ lexical de l’orgueil, il considère qu’il
n’est pas reconnu.
2) Un discours bien construit et médisant aboutissant à la
caricature
• Chaque portrait suit le plan suivant : titre ; développement/variation
; chute introduite par conjonction = pointe finale.
•
Vocabulaire dépréciatif dans les quatre portraits « débite » « assomme ».
•
Hyperboles et marques de généralité accentuant le dépréciatif « toujours », « jamais », « tout ».
•
Désir d’amplification, superlatifs, négations -> grossissent
le trait du portrait : le personnage est réduit un seul trait -> caricature
= comique.
3) La dénonciation de l’hypocrisie
sociale
• Célimène n’hésite pas à médire
pour continuer de plaire.
•
Critique de l’excès des courtisans peints par ces portraits.
à Molière dénonce l’hypocrisie sociale.
Conclusion
La peinture des caractères est une mode au XVIIème siècle
et était courante dans les salons comme celui-ci. On voit Célimène
dans ce qu’elle aime et on comprend mieux l’incompatibilité de
son caractère avec celui d’Alceste.
Merci à Mathilde pour cette fiche...