La maison d’Hélène

René-Guy Cadou




Introduction

    La poésie a souvent été un support pour les poètes pour déclarer leur flamme à la femme qu’ils aiment. C’est le cas dans ce poème intitulé "La maison d’Hélène" écrit par René-Guy Cadou entre 1944 et 1951 dans Hélène ou le Règne végétal. Ainsi il est dédié à Hélène, sa femme, qui fût également poète. Il est construit autour du thème de la nature, transformant la maison en paradis et montrant clairement la vision du bonheur selon Cadou.


Lecture

Annonce des axes


Etude

I - La Nature

1 - Présence de la nature

Champ lexical des animaux : « agneaux » (5), « pic-vert » (11), « ramiers » (12), « bêtes » (14), « chiens bergers » (21)
                => présence du règne animal

Champ lexical des plantes : « lierre » (1), « fleurs » (10), « forêt » (18), « roses » (20)
=> présence du règne végétal

Champ lexical pierre : « pierres » (15)
=> présence de minéraux
Nature lumineuse

2 - Nature vivante

Opposition entre nature et culture vers 3 à 7 : « toit, vitre, marche, lampe » « blés, glaise, arbre, mimosa »

Lierre qui monte aux parois de la maison
=> la nature apprivoise la maison
liseron, plante envahissante, domine
=> la nature domine la maison

Expression « maison buissonnière » (12) = ne pas aller à l’école pour se promener -> fuir ses contraintes pour aller dans la nature symbolisée par les buissons.
=> attraction de la nature et idée de maison de la liberté

Expression « maison buissonnière » (12) = au 1er sens -> maison des buissons -> maison ouverte sur la nature, le règne végétal
=> lieu privilégié de l’harmonie de l’homme avec sa compagne et aussi avec le règne animal



II - La parabole maison-paradis

1 - Symbiose entre les éléments

Symbiose entre les différents règnes présents
Pas de coupure dans la poésie : pas de ponctuation
Présence des 5 sens

2 - Notion du paradis

a - Religieuse

Image biblique : arche de Noé (v6) + « agneaux » (v5)+ « sang, chemin, pain »
=> connotation religieuse

Les termes désignant la maison évoquent concrètement la matière mais se confond avec un jardin habité par oiseaux, agneaux
=> animaux pacifiques qui évoquent le bonheur rustique du jardin d’Eden

Syntaxe vers 2-14 ressemble à celle de la genèse
=> poète = créateur + idée de nouveauté d’où « glaise » -> création de l’Homme

b - Humaine

Champ lexical de l’affection : « amis » (9), « cœurs » (11), « amour » (14), « douceur » (15)
=> lieu d’amour

Expressions « maison d’Hélène » (2), « la belle écolière » (24)
=> présence de la femme aimée qui encadre le texte


III - Vision du bonheur

Formes verbales : « faites parler » (12), « enneiger » (13), « que…soit donné » (14) -> forme d’une prière, invocation -> montre la joie de l’union entre l’homme et la nature
=> nature invoquée comme la puissance protectrice qui assure le bonheur aux hommes

Images « on entend gazouiller » (17) et « et l’horloge qui bat comme une main d’enfant » (19) -> sentiment que l’appel du poète a été entendu -> les choses prennent vie
=> la matière constitutive de la maison s’anime, elle est vivante

=> pouvoir de la poésie pour Cadou = celui presque magique de l’incantation


Conclusion

    De ce texte, on dégage en premier lieu l’omniprésence de la nature qui transforme une simple maison en véritable paradis biblique où Cadou peut développer sa vision du bonheur : il est accordé comme une sorte de don. L’homme n’est pas en position de dominateur, c’est la nature qui le conquiert et il l’accueille et va parfois jusqu’à l'implorer dans une sorte de prière. Le bonheur serait donc un consentement profond et un effort. Cette vision tire ses origines de la littérature pastorale du 17ème siècle, elle-même inspirée des auteurs de l’Antiquité comme Virgile ou Callimaque.




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Merci à malix qui m'a envoyé cette fiche...