La Cour du Lion

Jean de La Fontaine








Plan de la fiche sur La Cour du Lion - Jean de la Fontaine :
Introduction
Texte de la fable
Annonce des axes
Commentaire littéraire
Conclusion


Introduction

    Les fables sont écrites par La Fontaine entre 1668 et 1694 et sont publiées en trois recueils. C'est une dédicace au Dauphin. Dans son œuvre, La Fontaine fait une critique sociale et universelle de l'homme à travers les animaux. Cela lui permet d'éviter la censure. Ici il s'agit de La cour du lion, extrait du livre VII du deuxième recueil. Il peint la cour et ses courtisans et donne des conseils sur le comportement à avoir aux prés de Louis XIV.


La Cour du Lion - Jean de la Fontaine - Illustration Doré / Lévy
La Cour du Lion - Jean de la Fontaine - Illustration Doré / Lévy


Texte de la fable


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Lu par René Depasse - source : litteratureaudio.com

La Cour du Lion


Sa Majesté Lionne un jour voulut connaître
De quelles nations le Ciel l'avait fait maître.
Il manda donc par députés
Ses vassaux de toute nature,
Envoyant de tous les côtés
Une circulaire écriture,
Avec son sceau. L'écrit portait
Qu'un mois durant le Roi tiendrait
Cour plénière, dont l'ouverture
Devait être un fort grand festin,
Suivi des tours de Fagotin.
Par ce trait de magnificence
Le Prince à ses sujets étalait sa puissance.
En son Louvre il les invita.
Quel Louvre ! Un vrai charnier, dont l'odeur se porta
D'abord au nez des gens. L'Ours boucha sa narine :
Il se fût bien passé de faire cette mine,
Sa grimace déplut. Le Monarque irrité
L'envoya chez Pluton faire le dégoûté.
Le Singe approuva fort cette sévérité,
Et flatteur excessif il loua la colère
Et la griffe du Prince, et l'antre, et cette odeur :
Il n'était ambre, il n'était fleur,
Qui ne fût ail au prix. Sa sotte flatterie
Eut un mauvais succès, et fut encore punie.
Ce Monseigneur du Lion-là
Fut parent de Caligula.
Le Renard étant proche : Or çà, lui dit le Sire,
Que sens-tu ? Dis-le-moi : parle sans déguiser.
L'autre aussitôt de s'excuser,
Alléguant un grand rhume : il ne pouvait que dire
Sans odorat ; bref, il s'en tire.
Ceci vous sert d'enseignement :
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère,
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand.

Jean de La Fontaine. Livre VII



Annonce des axes

I. Un récit court et plaisant
1. Structure de la fable
2. Procédés d'animations

II. La représentation animale
1. Les animaux sont des stéréotypes traditionnels
2. Parallélisme entre le monde animal et le monde humain

III. La leçon
1. Critique sociale au 17ème siècle
2. Critique universelle



Commentaire littéraire

I. Un récit court et plaisant

1. Structure de la fable

- 36 vers dont 32 de récit :
Vers 1 à 13 : La cour du roi
Vers 14 à 32 : Intervention des animaux (l'ours, le singe et le renard qui sont tous opposés au lion)
Vers 33 à 36 : Morale explicite
- Enchaînement rapide des événements
- Structure simple

2. Procédés d'animations

- Différence de mètre (taille de vers) : octosyllabes (toute la première partie), alexandrins (vers 1). Vivacité des vers. Les vers sont en désordre.
- Irrégularité de rimes : rimes plates puis croisées et embrassées (désordre). Rimes fantaisistes.
- Abondance d'enjambements, de rejets (vers 8-9) et de contre rejets (vers 18-19).
- Différents types de discours : direct (vers 28), indirect libre (vers 23 à 24), indirect (vers 30).


II. La représentation animale

1. Les animaux sont des stéréotypes traditionnels

- L'ours : maladresse et lourdeur « boucha sa narine »
- Le lion : l'autorité, la puissance, la tyrannie, la violence
- Le singe : la flatterie. Il est obséquieux (= politesse excessive). Il fait parti des courtisans
- Le renard : conforme à la tradition du roman de renard : intelligence et dissimulation

2. Parallélisme entre le monde animal et le monde humain

    Les animaux sont personnifiés (narine, mine, grimace, flatteur, rhume, odorat, vocabulaire de la monarchie). La Fontaine utilise des mots humains pour caractériser les animaux.

-> La Fontaine nous communique ses idées par le biais des animaux. Il évite la censure en utilisant l'argumentation indirecte. Il fait une critique sociale.


III. La leçon

1. Critique sociale au 17ème siècle

- Critique de la cour et de ses courtisans.
- Le roi aime la dissimulation. C'est un homme sévère. Si on ne lui dit pas ce qu'il veut entendre, il nous « envoie chez Pluton ». C'est lui qui décide tout.
- Les gens sont faux. Tout le monde se bat entre eux pour être auprès du roi. Place chère. Les courtisans sont hypocrites.
- Avis de La Fontaine : ne pas être sincère, ni flatteur du moins rester dans une certaine limite. Cela montre la difficulté d'être ami du roi. Le « vous » est destiné aux courtisans et aux lecteurs. Il donne des conseils.

2. Critique universelle

    La leçon que l'on peut tirer de cette fable est valable même à notre époque. C'est une leçon de sagesse et de prudence. Il faut savoir mesurer ses paroles et ses actes. Il vaut mieux dire des choses que les gens veulent entendre. La Fontaine veut dire que certaines qualités peuvent devenir des défauts, comme la sincérité. Il faut donc savoir s'adapter à la situation.



Conclusion


    La Fontaine, à travers ses fables, a marqué le 17ème siècle. Il critique la cour et surtout Louis XIV. Louis XIV est représenté par le lion qui symbolise la brutalité. Il tire de ses fables une morale qui est valable aussi bien au 17ème siècle qu'à notre époque. Cette dénonciation n'est pas violente. En revanche au 18ème siècle, les philosophes vont blâmer le système plus violemment. L'utilisation des animaux dans ses œuvres permet à La Fontaine de ne pas être censuré. C'est un moyen d'éviter la censure mais ce n'est pas le seul.





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