La mort de Silvère a lieu avant le repas. Tante Dide (=Adélaïde)
et Aristide ont assisté à cette mort. Elle est racontée
sous forme d’analepse.
Silvère a crevé l’œil du gendarme Rengade (chapitre
4), Silvère est fait prisonnier (chapitre 5). Vengeance du gendarme qui
a reconnu Silvère. Auparavant, défaite des insurgés et mort
de Miette
Dans ce dénouement, nous allons nous interroger
sur le « et » qui
indique la mise en parallèle de la mort de Silvère et du triomphe
des Rougon.
Interprétation sur le plan familial et historique
Lecture du texte
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Silvère, en reconnaissant cette tête, seule au ras du mur, cet immonde galopin, la face blême et ravie, les cheveux légèrement dressés sur le front, éprouva une rage sourde, un besoin de vivre. Ce fut la dernière révolte de son sang, une rébellion d'une seconde. Il retomba à genoux, il regarda devant lui. Dans le crépuscule mélancolique, une vision suprême passa. Au bout de l'allée, à l'entrée de l'impasse Saint-Mittre, il crut apercevoir tante Dide, debout, blanche et roide comme une sainte de pierre qui, de loin voyait son agonie. A ce moment, il sentit sur sa tempe le froid du pistolet. La tête blafarde de Justin riait. Silvère, feutrant les yeux, entendit les vieux morts l'appeler furieusement. Dans le noir, il ne voyait plus que Miette, sous les arbres, couverte du drapeau, les yeux en l'air. Puis le borgne tira, et ce fut tout ; le crâne de l'enfant éclata comme une grenade mûre ; sa face retomba sur le bloc, les lèvres collées à l'endroit usé par les pieds de Miette, à cette place tiède où l'amoureuse avait laissé un peu de son corps. Et, chez les Rougon, le soir, au dessert, des rires montaient dans la buée de la table, toute chaude encore des débris du dîner. Enfin, ils mordaient aux plaisirs des riches ! Leurs appétits, aiguisés par trente ans de désirs contenus,
montraient des dents féroces. Ces grands inassouvis, ces fauves maigres, à peine
lâchés de la veille dans les jouissances, acclamaient l'Empire
naissant, le règne de la curée ardente. Comme il avait relevé la
fortune des Bonaparte, le coup d'État fondait la fortune des Rougon. |
I - Le dénouement familial
a) Le regard de l’aïeul commun
- Tante Dide, ancêtre commun aux Rougon et aux Macquart, assiste symboliquement
au meurtre : « comme une sainte de pierre »
- Adelaïde est aussi le lien d’origine : « impasse Saint Mittre »
- Deux scènes : chacune correspond à une branche familiale.
b) Sacrifice de Silvère : deuxième paragraphe
- Destin tragique de Silvère
- « sur sa tempe le froid du pistolet »
- focalisation omnisciente : « le borgne tira »
- Pathétique
- focalisation interne et
emploi du passé simple : « en reconnaissant », « éprouva », « regarda », « crut
apercevoir » : les dernières impressions sont réelles
- désignation : « l’enfant »
- Liaison amour et mort : « lèvres collées… pieds de
Miette » -> sacrifice parallèle avec idylle amoureuse
c) La curée des Rougon : dernier paragraphe
- Nouveau registre satirique : lexique péjoratif
: « aiguisé », « mordaient », « dents
féroces », « fauves », « curée » -> métaphores animales
- Contraste entre les deux parties
- froid / chaud
- triomphe des hypocrites / chute des « purs »
Transition : La lecture d’un événement historique est
mise en parallèle avec deux moments extrêmes. La dernière
phrase articule l’enjeu familial et historique, l’auteur engagé veut
faire la satire de Louis Napoléon Bonaparte.
II - Le dénouement historique
a) Le meurtre symbolique de la République
Acteurs et spectateurs de la mort de Silvère : symboles d’une
signification historique
- Paysage contaminé par le registre pathétique : « crépuscule
mélancolique »
- Miette symbole de la République : « couverte du drapeau » (=
linceul d’un mort)
- Le borgne (=cyclope) – Silvère terrorisé
- Justin (cousin de Miette qui l’a persécuté au chapitre
5) > rire de triomphe
b) L’espoir d’un renouveau : indice
que l’Empire n’est que provisoire
- Symbolique de l’espoir : « les yeux en l’air » -> jeux
de regards : Silvère ferme les yeux. Borgne et vision de Miette
- Figure de la tante Dide : allégorie de la mort / justice / destin
Conclusion
Opposition entre la République agonisante et de l’Empire naissant.
Merci à Fluvine pour cette fiche