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![]() La Boétie |
Commentaire littéraire
I. Jeux des pronoms personnels
- Enonciation présente avec des appels aux destinataires du texte, avec "vous".
- Possessifs "vous", "ils" : opposition récurrente. Le singulier désigne le "maître" qui peut être assimilé au monarque.
- Dans le début du texte, les "vous" sont sujets. A partir de l’évocation de l’ennemi ("Et tous ces dégâts...") le "vous" passe complément, et donc est relégué en objet.
Ils sont victimes du maître :
- Accentuation des actes du maître par cette accumulation. Dans la suite du texte, le "vous" redevient sujet mais les actions sont au profit du maître :
- Anaphore syntaxique avec une proposition + une proposition subordonnée de but (action du peuple + profit du prince.)
Il y a un conflit d’intérêts entre le peuple et celui qui le gouverne.
II. La construction du discours
- Passage exclamatif au départ, ce qui démontre la lâcheté du peuple.
- Apostrophe indignée se poursuit dans le début du texte.
- Infortune du peuple.
Il y a un effet de surprise, car la faute vient d’un seul ennemi. C’est le peuple qui est lui-même cause de son malheur.
- Insistance sur les limites de cet esclavage avec une tournure restrictive ("Ce maître n’a pourtant que...") + exemples simples de l’égalité, avec insistance sur le corps (sujets aux maladies, dégradations...) -> Montre que le maître et les esclaves sont semblables.
Si le peuple est victime de cet homme, c’est lui qui le choisit.
* Début à "et les traîtres de vous-mêmes ?" :
- Succession d’interrogations oratoires par lesquelles il prend le peuple à parti. Ce questionnaire rhétorique permet de faire durement comprendre au peuple sa complicité avec le tyran.
* De "Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste..." à "...seulement de le vouloir." :
- Enumération des aspects concrets de la complicité du peuple à se dépouiller volontairement de ses biens.
- Parallélisme syntaxique + construction antithétique des phrases + structure énumérative : "vous semez vos champs pour qu’il les dévaste"
* De "Soyez résolus à ne plus servir..." à la fin :
- Exhortation avec l’impératif "Soyez", avec l’injonction : "Ne le soutenez plus". La présence du futur implique l’espoir, une issue à la servitude.
III. La tonalité du passage
Le texte est polémique et pathétique.
- Indices lexicaux dépréciatifs virulents, champ lexical de l’aveuglement, qui entraîne l’asservissement puis la violence, puis la débauche.
Cette condamnation vise le maître et le peuple.
C’est un réquisitoire plus ou moins véhément. Le roi est un brigand.
- Accusations "mignarder" (=cajoler), "sales plaisirs"
- Accusations homosexuelles.
- Indices stylistiques : début sur une apostrophe pour faire réagir le peuple ce qui trahit l’indignation de la Boétie.
- Nombreux paradoxes "ils sont esclaves parce qu’ils le veulent".
- Phrases et faits inacceptables par la raison.
- Incompatibilité entre les actions du peuple et le roi.
- Enumérations multiples et interrogations rhétoriques très appuyées qui incitent le destinataire à se rendre à l’évidence de sa complicité.
- Hyperboles : "boucherie", "pille", "tue" // "tant de mains", "colosses" : Opposition entre les moyens qu’il a réellement et les moyens qu’on lui a donné.
Conclusion
Le Discours de la servitude volontaire est une exhortation à la liberté, contre la tyrannie. Ce texte est aussi très moderne, ce qui fait de la Boétie un écrivain majeur. Le peuple est un esclave volontaire, et le roi est puissant, par le pouvoir que le peuple lui donne.
Autre plan possible
I. Construction du texte
II. Dénonciation de la servitude du peuple
III. Cibles de l'auteur
Merci à Morgane pour cette fiche