La Curée

Emile Zola

Chapitre VII

De "Elle ouvrit la fenêtre" à "étoffe couleur de soleil"




Plan de la fiche sur le chapitre 7 de La Curée de Emile Zola :
Introduction
Texte étudié
Annonce des axes
Commentaire littéraire
Conclusion


Introduction

    Dans la suite des vingt romans des Rougon-Macquart, La Curée décrit l'assaut de Paris par les spéculateurs de 1850, au lendemain du Second Empire. Emile Zola (1840-1902) assimile une vision naturaliste à l'histoire naturelle et sociale de la famille des Rougon-Macquart.

    Cet extrait du chapitre 7 se situant à la fin du roman parle de l'agonie morale de Renée. Il s'agit d'une description subjective et nostalgique.

La Curée - Zola


Texte étudié


    Elle ouvrit la fenêtre, elle regarda l'immense paysage. Là rien n'était sali. Elle retrouvait les éternelles joies, les éternelles jeunesses du grand air. Derrière elle, le soleil devait baisser : elle ne voyait que les rayons de l'astre à son coucher jaunissant avec des douceurs infinies ce bout de ville qu'elle connaissait si bien. C'était comme une chanson dernière du jour, un refrain de gaieté qui s'endormait lentement sur toutes choses. En bas, l'estacade avait des luisants de flammes fauves tandis que le pont de Constantine détachait la dentelle noire de ses cordages de fer sur la blancheur de ses piliers. Puis, à droite, les ombrages de la Halle aux vins et du Jardin des plantes faisaient une grande mare, aux eaux stagnantes et moussues, dont la surface verdâtre allait se nover dans les brumes du ciel A gauche, le quai Henri-IV et le quai de la Rapée alignaient la même rangée de maisons, ces maisons que les gamines, vingt ans auparavant, avaient vues là, avec les mêmes taches brunes de hangars, les mêmes cheminées rougeâtres d'usines. Et, au dessus des arbres, le toit ardoises de la Salpêtrière, bleui par l'adieu du soleil, lui apparut tout d'un coup comme un vieil ami. Mais ce qui la calmait, ce qui mettait de la fraîcheur dans sa poitrine, c'étaient les longues berges grises, c'était surtout la Seine, la géante, qu'elle regardait venir du bout de l'horizon, droit à elle, comme en ces heureux temps où elle avait peur de la voir grossir et monter jusqu'à la fenêtre. Elle se souvenait de leurs tendresses pour la rivière, de leur amour de sa coulée colossale, de ce frisson de l'eau grondante s'étalant en nappe à leurs pieds, s'ouvrant autour d'elles, derrière elles, en deux bras qu'elles ne voyaient plus, et dont elles sentaient encore la grande et pure caresse. Elles étaient coquettes déjà et elles disaient, les jours de ciel clair, que la Seine avait passé sa belle robe de soie verte, mouchetée de flammes blanches ; et les courants où l'eau frisait mettaient à la robe des ruches de satin, pendant qu'au loin, au-delà de la ceinture des ponts, des plaques de lumière étalaient des pans d'étoffe couleur de soleil.

Emile Zola - La Curée - Extrait du chapitre 7




Annonce des axes

I. Les aspects impressionnistes
II. Les aspects subjectifs



Commentaire littéraire

I. Les aspects impressionnistes

* Limité dans le temps et l'espace
- temps : soleil couchant qui donne une lumière globale "jaunissant" et des jeux de reflets avec des couleurs impressionnistes
- effets de contraste des formes dus à la lumière : opposition entre le noir et le blanc
- la lumière atténue les contours
- hangars avec des taches brunes
- tableau avec une vue précise : une vision de haut
- des références au dîner avec Angèle (cf. chapitre 2)
- mais le tableau reste subjectif


II. Les aspects subjectifs

- Renée voit : utilisation de beaucoup de verbes de perception et d'indices spatiaux
- verbes de pensée et de sentiment
- termes de l'évolution morale

* Un monde intact et pur :
- "Rien n'était sali" qui s'oppose au Paris de la débauche
- l'idée de continuité
- la vision est ramenée à Renée, dans son enfance
- Renée = princesse : elle a un regard naïf qui rappelle les contes de fée

* Lexique de la grandeur :
- donne une impression de majesté

* La vision de sa fenêtre :
- estacade, quais, hangars, maisons, usines
       Vision du monde urbain cohérente : c'est une sorte de microcosme urbain
- la Seine a un aspect protecteur

* Un connecteur logique : "mais"
- syntaxe : rythme binaire avec des figures d'insistance, de répétition
- la Seine est personnifiée ce qui donne un ton épique. La Seine est mise en valeur par l'amour des petites filles.
- les marques de mélancolie et une sorte d'adieu





Conclusion

Ce passage de La Curée est significatif dû à la technique descriptive de Zola.
Description dans le récit selon la vision des personnages.
Renée a l'impression d'être passée à côté de sa vie.

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Merci à Stéphanie pour cette analyse sur le chapitre 7 de La Curée de Emile Zola