Ce sonnet de Pierre de Ronsard reprend un thème fréquend chez les les pétarquistes. Sa composition est assez remarquable. Il est en effet constitué que d'une seule phrase distribuée entre les quatrains et les tercets.
C'est d'abord une invocation émue, adressée aux différents aspects du paysage auxquels se confie le poète. Il leur expose l'incident qui cause son désarroi et ses regrets malheureux puis les supplie d'intercéder en sa faveur.
Lecture du texte
Annonce des axes
Etude :
I/ Les caractéristiques de la nature :
La description de la nature est amplifiée (elle occupe 11 vers sur 14). Cette
nature est détaillée car il y a juxtaposition de toutes les composantes de la
nature " plaines, monts, forêts ". Il s'agit d'une nature ordonnée car on va
de l'élément le plus vaste " ciel " à l'élément le plus restreint " bouton ".
Elle est acceuillante car elle est présentée avec des couleurs et parce qu'elle
est ouverte " Monts découverts " " à demi-front ouverts ".Il y a une impression
de mouvement " air et vent " " tors et ondoyante ". Elle est épanouie et fraîche " boutons
et fleurs ".
Cette évocation de la nature est très subjective car l'importance est donnée à ce que les sens lui transmettent.
L'auteur évoque ce qui se montre. Mais ce qui se cache, ce qui se dérobe,
ce qui se refuse, il l'oppose dans sa description. Ce jeu d'opposition dans
la description de la nature imite la séduction. Lorsque que le poète s'adresse à la
nature, c'est donc indirectement qu'il s'adresse à la femme.
II/ La stratégie du détour.
Il convient donc d'étudier les moyens détournés que le poète utilise pour s'adresser à la femme.
Le poème constitue une question sur l'écriture poétique. En effet, l'expression poétique est le seul mode d'expression.
Le " je " est en effet prisonnié, enfermé dans le centre du texte, incapable d'exprimer son amour.
Les pouvoirs du poète, il devient ainsi par l'écriture un interlocuteur prévilegié de la nature avec laquelle il instaure un dialogue.
Conclusion
Dans la tradition pétrarquiste, Ronsard s'adresse à la nature pour devenir son interprête auprès de la femme aimée à propos d'un incident qui, pour un soupirant malheureux, prennent les propositions d'un drame et bouleverse sont coeur.
Malgrès la recherche qui pourrait paraître conventionnelle, le poète laisse une
impression de vérité, elle est dûe à l'art avec lequel Ronsard exquise en quelques
mots les traits essentiels d''n paysage qui lui est cher (c'est " l'anjou ")
et à l'éloquance d'une phrase ample et cadencée.
Merci à Alain qui m'a envoyé cette fiche...