Plan
I - Une scène close sur elle-même
II - Un amour idéal
Cest alors quil était à Turin que Rousseau se convertit au catholicisme, sur demande de Mme de Warens, à lhospice des catéchumènes. Après cela, il navait plus dargent et chercha à en gagner. Il trouva un travail dapprenti chez Mme Basile. Rousseau fut charmé par cette dame.
La scène est théâtrale car muette et faite de gestuelles et de mouvements. Il y a un jeu de regards qui se fait par lintermédiaire dun miroir. De plus, il y a des indications scéniques. Jean-Jacques Rousseau a de très fortes émotions qui complètent un portrait.
I Une scène close sur elle-même
1) Une scène délimitée
La scène est délimitée par « un jour ». Ceci permet de montrer quil y a un moment qui se détache même sil nest pas précisément daté. « De mes jours, je neus un si doux moment », permet dachever lépisode. Le « commis » étant resté en bas, Mme Basile sest alors retrouvée seul. Les deux protagonistes sont alors seuls. La scène sacheva à larrivée de Rosina. La partie narrative au passé simple qui délimite là encore le passage est suivie ensuite de limparfait, qui permet de suspendre le moment (fin du 1er paragraphe).
Dans le paragraphe suivant, il poursuit son analyse avec le point de vue de Rousseau adulte, de Jean-Jacques et de Mme Basile. La diversité des focalisations permet de mettre un projecteur danalyses. Le paragraphe 3 marque un retour à la narration : « Au plus fort ». La scène donc symétrique narration/analyse/narration. Le retour de Rosina met fin à un moment déternité. La scène sinterrompt au moment le plus intense.
2) Le rôle unique et central du miroir
Lévocation du miroir est également au centre de la scène. Ce miroir au-delà dêtre un accessoire paraît être vivant car associer au verbe « trahir » (l. 2791). Le miroir sert de médiateur entre lémetteur et le destinataire : Mme Basile. Le jeu de regards va permettre un retournement de situation lorsquil se sait observer. Mme Basile. Le jeu de regards va permettre un retournement de situation lorsquil se sait observer. Mme Basile lui fait alors un geste et lappelle à ses pieds. Sans échange vocal, il va y avoir tout de même un message échangé. Le désir de Rousseau passe par les yeux sans contact physique : « hors de moi ».
II Un amour idéal
1) Scène muette
La scène est favorisée grâce au bruit des chariots extérieurs qui permettent à Rousseau de se mettre en poste. Elle sachève lorsque Rosina ouvre une porte. La scène muette est délimitée par deux événements sonores. Lorsquil tressaillit (l. 2795), le cri poussé est inaudible. Tout passe donc par les regards.
2) Jeu des regards
On a des regards univoques : ceux de Rousseau. Tout le début de la scène est Jean-Jacques qui voit sans être vu : « Elle ne pouvait me voir » (l. 2780). Rousseau nous décrit ce quil voit : « laissait voir ». Il entre dans tous les détails : (l. 2784-85). On a limpression que le regard crée ses qualités et quau fur et à mesure quil regarde, il sémeut peu à peu. « Le charme que jeus le temps de considérer » (l. 2786-87) déclenche chez Rousseau une extase. Il y a un jeu de séduction lorsquelle appelle Rousseau dun geste sans le regarder.
3) Gestuelle, mouvements.
La fin de la scène est faite uniquement de gestes. Son entrée
dans la chambre en tendant les bras : « Je me jetai à genoux
à lentrée de la chambre
» (l. 2787-88) est
le premier grand geste. Cette scène est nourrie des lectures de Rousseau
qui amplifie le geste. Il est alors soumis. Le second geste est de Mme Basile
: « Elle me montra la natte à ses pieds ». Ce geste a un
caractère dassujettissement. Rousseau débute alors par
des réactions : « tressaillir
». Les verbes à
linfinitif expriment lidée pure de ces verbes. On a
limpression que ce nest pas laction quon saisit mais
lessence même de Rousseau. Les infinitifs aux lignes 2798-99
sont négatifs : « ni ». Cest ce que Rousseau nose
pas faire et qui le rend immobile extérieurement. Il y a une opposition
avec lagitation intérieure du cur : « en moi »
(l. 2802). Il ressent des contraintes mais il les subit aussi. Il y a une
dépossession de lui-même où sa volonté ny
est pour rien. Le dernier geste est le baiser (l. 2830-31). Mme Basile en
pressant les lèvres de Rousseau, est un moment en contact. Rousseau
est alors à lapogée de sa liaison. La scène
sachève alors rapidement, en insistant sur le caractère
unique de la scène : « je neus un si doux moment ».
Cest un amour courtois qui est donc impossible. Rousseau paraît
encore sêtre nourri de ses lectures médiévales.
Rousseau cherche plus le désir que laboutissement du désir.
Il y a un certain rapport entre la relation avec de Mme Warens et celle-ci.
La femme est mise sur un pied destale avec une distance de
lâge et de léchelle sociale. Les deux entrevues
se terminent à genoux avec des jeux de regards.
Merci Céline qui m'a envoyé cette fiche...